Interview de Philippe Freslon, Directeur artistique : les 25 ans

20 Juin

TOURS INFOS Magazine, juin 2011

1)    25 ans de théâtre de rue… Alors comment se porte… le théâtre de rue ?  

Evidemment, c’était toujours mieux avant ! Depuis que le statut des intermittents a été remis en question en 2003, que les grèves ont éclaté, c’est comme si au fur et à mesure on coupait des petits morceaux de la culture. Ceux qui dépassent du cadre.
    Si on ne veut voir de la culture que la vieille pierre ou le tuffeau qui s’effrite, on se trompe. C’est le spectacle vivant qu’il faut mettre en avant, aiguiser l’imaginaire des gens, leur donner de la matière à rêver et à cogiter.
    Depuis 2003, on survit, le contexte est fragile mais il faut s’efforcer à garder la tête hors de l’eau.
    Et si la Compagnie Off a survécu, c’est parce que nos spectacles ont été réalisables. Malgré la tête en l’air, on a les pieds sur terre. Nous sommes polyvalents, passionnés, nous ne comptons pas nos heures et notre esprit est éveillé.
    Et surtout, nos spectacles sont inspirés de thèmes universels : ils sont indémodables, visuels, hauts en couleur, dynamiques, comprenant peu de texte parlé. Ils sont compris et appréciés par un large public. C’est ce qui nous a permis de nous exporter à travers le monde, de saisir chaque contexte et de s’en imprégner dans nos spectacles.

2)    A Tours, en 1986, le contexte devait être bien différent. Quels souvenirs gardez-vous de votre premier spectacle à Tours ?
    Je me souviens très bien de 1985. Nous avons été la première compagnie à jouer sur la place Plumereau, devenue piétonne. Nous n’étions encore que deux ou trois. Je me souviens d’un 11 novembre 1989, douze pacifistes embarqués au poste de police. Je me souviens de 1997, la venue du pape à Tours et notre intervention préliminaire…
    J’aime la Touraine. Je n’aurais pas pu créer dans le sud ou dans le nord, où les traditions locales sont trop influentes. La Compagnie Off est née d’un esprit européen mais a mûri ici.
    La Loire : c’est le repos et la clarté. L’esprit y laisse émerger la création. La Loire c’est le voyage permanent entre deux ensevelissements : le désert et l’inondation. Deux façons de déborder du cadre.
3)    Vous revenez place Anatole France présenter Paraboles 2.0 après l’avoir présenté à l’étranger. En quelques mots, que peut-on écrire de plus juste pour le présenter au public ?
 Paraboles est un spectacle emblématique : il marque une transition après l’exploration du cirque et de l’opéra. Paraboles 2.0 est perméable au contexte, surréaliste, hallucinatoire, expérimental. Il retrace les 27 minutes avant le Big Bang. C’est l’art qui interprète la science.
    Il a été créé et joué en 2010 pour la première fois à Singapour, en collaboration avec le TSO (Tours Soundpainting Orchestra). Cette représentation sera la première européenne.
    Ce spectacle s’inscrit dans une suite logique : en 2007, lorsque nous avions joué la Grande Parade à Tours, le personnage du directeur de cirque était projeté dans les étoiles. Paraboles est donc la continuité de notre histoire.
    Avec ce spectacle, nous  « quittons la piste aux étoiles pour suivre la piste des étoiles. »

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :